« Pour réussir il faut se maîtriser…. »

Réussir dans le commerce demande de la volonté et de la persévérance, deux qualités vitales dans un temps où d’un jour à l’autre l’économie peut chuter. En voici une femme modèle qui n’a pas peur e’entreprendre et qui ne recule pas devant les difficultés de la vie : « Koyraga » ou Fatimata Koïta de vrai nom, reconnue pour son dynamisme et son honnêteté qui inspire la confiance chez ses clientes. Appartenant au groupe des « Jawambe », réputés de grands négociateurs, elle fut adoptée par une tante à Dori, ville sahélienne du Burkina Faso. Très tôt cet enfant s’exerça à la manipulation de l’argent ce qui la marquera toute sa vie.

 Diversifier l’offre

Sûre et imposante dans sa démarche – on sent qu’elle a du caractère – cette mère de sept enfants qui sont tous à sa charge, rayonne une certaine crédibilité, signe infaillible pour une commerçante qui doit vivre de ses articles. Koyraga possède une grande maîtrise de soi et une écoute des autres ce qui lui permet de tenir dans ce métier de concurrence impitoyable. Pour être compétitive dans le commerce il faut diversifier son offre. Ainsi Koyraga investit son argent dans plusieurs domaines : l’embouche ovine (héritée de ses mères et arrières
grand-mères) et bovine ; l’achat et la vente du coton, la confection et la vente des couvertures, la vente du lait… Le bénéfice est fixé en fonction du prix de vente et du transport. Koyraga entreprend des voyages de commerce hors du Sahel. Ses points d’approvisionnement sont Koudougou où elle cherche du coton, Bouaké et Abidjan en Côte d’Ivoire pour vendre des couvertures et acheter des tissus, pagnes et chaussures pour revendre à Dori.

 Une femme « leader » dynamique

Caractérisée par un certain charisme « cette forte dame » a l’expérience dans l’organisation et la gestion communautaire. A la fin des années 70 Koyraga était à la tête d’une association de 17 femmes qu’on soutenait par crédit dans la confection des fameuses couvertures de Dori. Ces couvertures avaient trouvé des acheteurs jusqu’au Canada.

Après quelques années, l’association acquiert son autonomie et à peu près 150 femmes y étaient membres. Koyraga est élue présidente et elle portera ce mandat pendant 5 ans avec dévouement et responsabilité. Puis elle céda sa place à une autre, cependant, elle continue à être une membre très influente du bureau.

Texte : Diénéba Barry, JAWDI MEN 7/1997

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